
Allez pour une fois je me lance dans la critique littéraire. Et sans filet, je vous promets de ne pas avoir regardé les critiques littéraires officielles sur les sites qui vendent le bouquin, ceci n’engage que moi.
Donc je vais vous présenter aujourd’hui
The Geography of Bliss par
Eric Weiner. Je doute qu’il soit déjà traduit en français comme il est tout juste sorti au début de 2008, mais ceux qui lisent en anglais peuvent s’y tenter. Mais de quoi s’agit-il? L’auteur, Eric, se déplace dans 10 pays pour essayer de définir ce qui rend les gens
heureux (ou pas). La table des matières résume le sujet ainsi: aux
Pays Bas le bonheur est un numéro; en
Suisse le bonheur est l’ennui; Au
Boutan le bonheur est une politique; au
Quatar le bonheur est de gagner un ticket de loterie; en
Islande le bonheur est l’échec; en
Moldavie le bonheur est quelque part ailleurs; en
Thaïlande le bonheur est de ne pas trop réfléchir; en
Grande Bretagne le bonheur est un travail en cours; en
Inde le bonheur est une contradiction; aux
Etats-Unis le bonheur c’est d’être à la maison.
La première question qui vient à l’esprit, c’est: mais comment quantifier le bonheur? Il semblerait que les chercheurs de la science du bonheur n’ont trouvé aucune meilleure façon de le mesurer que de demander aux gens: “est-ce que tu es heureux?”, et de ranger les résultats entre 0 et 10, 0 étant pas heureux du tout et 10 étant aussi heureux que possible. Le bonheur étant un sentiment très subjectif, pas de grande surprise que la mesure du bonheur le soit aussi. Et là vient la question: en moyenne, dans quel pays sont les gens les plus heureux sur terre? Et on commence le grand voyage. Raconté d’une manière très humoristique, l’auteur nous emmène dans ses poches alors qu’il rencontre des gens, locaux et expatriés (pour leur demander ce qui les rend plus heureux dans leur nouveau pays que dans leur pays d’origine - et je retourne la question à tous les expatriés qui lisent ce blog), et au fil de ses aventures on découvre de nombreuses cultures dont on ne connait pas grand chose (vous savez où c’est le Boutan, vous?), tout en évitant d’éclater de rire dans le métro en lisant ses anecdotes hilarantes.
Bref je ne vais pas vous barber avec ma version des choses, qui est bien moins intéressante que celle de l’auteur, mais je vous donne quand même quelques-unes de ses conclusions: “l’argent a son importance, mais pas autant que l’on croit, et pas de la façon que l’on croit. La famille est importante. Les amis aussi. L’envie est toxique. La réflection excessive aussi. Les plages sont optionnelles. La confiance ne l’est pas. La gratitude ne l’est pas non plus.” Pas moyen d’aller plus en détails sans se heurter à des montagnes de contradictions (“les Suisses sont coincés et heureux. Les Thaïlandais sont relax et heureux. Les Islandais trouvent le bonheur dans leur excès alcooliques, mais les Moldoviens seulement de la misère”).
La question du jour est donc: êtes-vous heureux? Moi je pense être aux environs de 9.